Dans le cadre du mois d’« Octobre Rose » dédié à la lutte contre le cancer du sein, une importante conférence de sensibilisation scientifique s’est tenue ce mercredi 21 October 2026, dans la salle de réunion de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB). Animée par le Professeur Dr Gertrude Luyeye Mvila sous le thème « Cancer du sein comme problème de santé publique en RDC : Êtes-vous aussi concernés ? », cette rencontre a permis de dresser un bilan sans complaisance sur l'urgence du diagnostic précoce et de briser les tabous autour de cette maladie.
Un taux de survie préoccupant en RDC
Au cours de l'exposé, le tableau épidémiologique brossé s'est révélé particulièrement alarmant. Bien que le cancer du sein touche environ 1,2 million de personnes par an à travers le monde, les disparités face aux chances de guérison restent criantes. Alors que le taux de survie atteint 80 % aux États-Unis et 60 % en Suède ou au Japon, il chute à moins de 40 % dans les pays en développement, dont la RDC. Cette vulnérabilité s'explique principalement par l'absence de programmes nationaux structurés de dépistage précoce et le manque de données nationales centralisées.
En outre, selon les données de santé relayées en RDC, seule une minorité de la population (environ 11 %) connaît ou a accès aux méthodes médicalisées comme la mammographie, rendant le diagnostic souvent très tardif.
Comprendre les facteurs de risque et les signes d'alerte
La présentation a permis d'examiner en détail les deux grandes catégories de facteurs de risque :
Facteurs endogènes (non modifiables) : Le genre (avec une nette prédominance féminine, bien que 1 à 2 % des cas touchent les hommes), l'âge (< 50 ans en Afrique), les prédispositions génétiques (mutations BRCA_1 / BRCA_2), ainsi que les facteurs hormonaux (règles précoces, ménopause tardive ou premières grossesses tardives).
● Facteurs exogènes (modifiables) : La sédentarité, le tabagisme, l'alcoolisme, un allaitement maternel de courte durée (< 6 mois) ainsi qu'une alimentation déséquilibrée (excès de sucre, sel et matières grasses).
Sur le plan clinique, il a été rappelé que la maladie peut évoluer silencieusement pendant 8 à 10 ans avant l'apparition de symptômes visibles : nodule ou masse, douleur mammaire, rétraction ou écoulement mamelonnaire, et aspect de « peau d'orange ».
Une réalité méconnue : les hommes aussi concernés
L'un des temps forts de la conférence a été la mise en lumière du cancer du sein chez l'homme. Même s'il reste rare (1 à 2 % des diagnostics), la population masculine peut également en souffrir. Il a toutefois été souligné avec insistance que toute masse ou anomalie détectée n'est pas obligatoirement un cancer, des affections bénignes comme la gynécomastie ou la mastose fibrokystique devant être confirmées par des examens appropriés.
L'imagerie médicale et l'autopalpation comme remparts
Pour un diagnostic précis, le recours à l'imagerie médicale demeure incontournable : mammographie, échographie, IRM et ponction biopsique. En parallèle, la pratique régulière de l'autopalpation (BSE) a été vivement recommandée. Des gestes simples d'auto-examen et d'observation devant un miroir permettent de repérer rapidement toute anomalie ou modification physique suspecte.