KINSHASA du MERCREDI 22 au VENDREDI 24 JUILLET 2026

​Le Festival des Langues Maternelles et de la Diplomatie Agricole (FLMDA) s'est tenu au sein du Ministère des Affaires étrangères à Kinshasa, se positionnant comme un carrefour stratégique pour la souveraineté alimentaire sous le slogan : « Nos langues. Notre terre. Notre marché. ». Cet événement a lié l'identité culturelle à la puissance économique nationale, réunissant des experts autour de six filières agricoles majeures.

Le plaidoyer du Professeur Marie-Claire Yandju pour la transformation du manioc

​Lors de la session inaugurale, le Professeur Marie-Claire Yandju a captivé l'auditoire par une présentation axée sur la mutation de la filière manioc. Elle a démontré comment, grâce à l'innovation scientifique, le manioc cesse d'être une simple culture de subsistance pour devenir un vecteur industriel, ou « or blanc ». Ses points clés ont porté sur :

  • ​L'économie circulaire : La valorisation des déchets (eau de rouissage, épluchures) transformés en biocarburant, engrais organiques et substrat pour la culture de champignons.
  • ​La recherche-action : L'utilisation de biopesticides issus de souches de Bacillus thuringiensis pour moderniser la production agricole.
  • ​L'exigence normative : La nécessité de respecter les normes internationales pour garantir la sécurité sanitaire.

L'IGSC au cœur de la dynamique technologique 

​La seconde journée a été marquée par la présence institutionnelle de l'Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC). Le Coordonnateur, le Professeur Docteur Antoine Tshimpi Wola Yaba, a officiellement délégué ses pouvoirs au Professeur Marie-Claire Yandju, Coordinatrice adjointe de l'IGSC, afin qu'elle représente l'institution et développe la vision stratégique en son nom. Elle a ainsi articulé les axes structurants suivants :

  • ​La structuration des acteurs : L'importance d'organiser la chaîne de valeur, du chercheur jusqu'aux consommateurs, en passant par les agriculteurs, transporteurs et transformateurs.
  • ​Le diagnostic des défis : L'analyse des obstacles majeurs tels que la transformation artisanale rudimentaire, les pertes post-récoltes (plus de 52% de la production jetée) et l'accès difficile aux marchés formels.
  • ​Les solutions techniques : L'amélioration du séchage (passage du séchage au sol aux claies) et du conditionnement pour garantir la qualité sanitaire.
  • ​L'entrepreneuriat des jeunes : La promotion de la création d'unités de production spécialisées (biscuiterie, farines panifiables, bioéthanol) permettant aux jeunes de se professionnaliser autour de la filière.

​Après ces interventions, des sessions de questions-réponses ont permis d'approfondir ces points avec le public. Les participants ont ensuite été invités à explorer l'exposition organisée sur l'esplanade du Ministère des Affaires étrangères, visualisant concrètement ces innovations sur le terrain.

Clôture, héritage culturel et perspectives

​La troisième journée a marqué la clôture officielle du festival. Cet événement a démontré qu'une diplomatie agricole réussie ne peut se concevoir sans son socle identitaire. En parallèle des travaux, les participants ont activement pris part à des ateliers d'immersion linguistique organisés dans des locaux dédiés du Ministère.

L'apprentissage et le perfectionnement du Kikongo, du Lingala, du Swahili et du Tshiluba ont rappelé que les langues maternelles sont des vecteurs essentiels de cohésion sociale et des outils privilégiés pour transmettre les savoirs agronomiques traditionnels aux nouvelles générations.

​En somme, ce festival a réussi le pari d'harmoniser les savoirs ancestraux et les exigences industrielles modernes. La coopération interrégionale et l'innovation scientifique, portées par des structures comme l'IGSC, constituent désormais le socle d'une souveraineté retrouvée, ouvrant la voie à un entreprenariat dynamique pour les jeunes et les femmes congolaises, fiers de leurs langues et de leur terre.

La Rédaction de l'IGSC/APGSC

Juillet 2026